Vincent Pagé
TROP PAGE
Au-delà du jeu de mot, le titre « Trop Pagé » exprime idéalement le thème du spectacle. Non qu’il veuille parler de la vieillesse ou du troisième âge, mais plutôt de « l’âgisme », c’est-à-dire tous ces signaux qui se mettent à clignoter dans la société quand vous approchez ou dépassez la soixantaine. Vous n’avez pas l’impression d’avoir changé, dans votre tête vous avez toujours… 40 ans, mais la société, elle, ne regarde que votre année de naissance et considère que tout doucement, on vous a assez vu.
Vous devenez donc la cible prioritaire des «plans de restructuration», « plans de prépension », de « passage à mi-temps amélioré ». C’est sûr, vous n’allez plus être engagé nulle part; dans le sport, vous avez dépassé la date de péremption; sexuellement, vous êtes sur la pente descendante; dans vos goûts et vos passions, vous devenez un « classic » qui range ses CD et vinyles et vos idoles de jeunesse font la couverture du magazine « Notre Temps ».
Que vous reste-t-il comme perspective, à part de devenir premier ministre en France (si on n’a pas trouvé plus jeune) ou pape ? Tout ça est terrorisant voire même traumatisant.